Les communiqués émis par la TROCFL.

La planète s’invite dans le communautaire

PLUS DE 350 organismes communautaires répondent à l’appel du mouvement mondial de grève pour la planète

« Et ce n’est que le début puisque nous avons recueilli ces signatures en seulement cinq jours, souligne Caroline Toupin du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA). Si les organismes communautaires se sentent interpellé, c’est parce que la crise climatique et celle de la biodiversité vont toucher prioritairement les populations vivant des injustices, c’est-à-dire celles avec qui ils travaillent au quotidien », poursuit-elle. Le droit à la santé, à l’alimentation, au logement, à un revenu décent, à un environnement sain sont menacés plus que jamais. Dans un contexte de crise écologique sans précédent, les enjeux de pauvreté, d’écologie et de démocratie sont inévitablement liés et les luttes visant l’amélioration des conditions de vie, l’avancement et le respect des droits humains devront tenir compte de la lutte écologiste.

Selon Maude Prud’homme du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), « il est aujourd’hui crucial, comme société, de reconnaître que les bouleversements climatiques sont enclenchés et qu’il y a urgence d’agir. Les gouvernements doivent mettre en œuvre des mesures drastiques afin d’amorcer dès maintenant les virages nécessaires, mais ce avec solidarité ».

En effet, « nous rejetons l’idée d’une transition écologique néolibérale qui profiterait aux riches, au détriment des plus pauvres. Nous pensons que toute transition devra absolument se faire dans une perspective de justice sociale et dans le respect de droits humains », soutient Jessica Lambert-Massicotte du Mouvement d’éducation populaire autonome de Lanaudière (MÉPAL).

Ainsi, les mesures de transition devront participer à l’amélioration des conditions de vie des personnes et des communautés actuellement défavorisées.

Bien sûr, ces mesures impliquent nécessairement des changements de valeurs, de normes sociales et de mode de vie importants qui passent notamment par des campagnes d’éducation et de sensibilisation. Nous pensons que le communautaire a un rôle central à jouer, particulièrement en regard de l’éducation populaire auprès des personnes laissées pour compte afin que celles-ci puissent être au cœur des processus démocratiques et des débats de société entourant ces enjeux.

C’est donc dans une perspective de justice sociale que les organismes communautaires sont invités à se mobiliser pour les grandes manifestations du 27 avril ainsi que pour le mouvement mondial de « La planète en grève » le 27 septembre.

De plus, des organismes communautaires de plusieurs régions organiseront des activités d’éducation populaire visant à sensibiliser la population aux inégalités sociales en lien avec les enjeux climatiques.

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Nos porte-paroles sont disponibles pour des entrevues médias.

Pour information et pour communiquer avec nos porte-paroles :

Caroline Toupin, Coordonnatrice, RQ-ACA, 514-260-3786

Maude Prud’homme, Déléguée à la transition, RQGE, 581-886-3523

Gabriel Dumas, Co-coordonnateur, MÉPACQ, 514-843-3236

Télécharger la liste des signataires : https://bit.ly/2v2B7d6

La Planète s’invite dans le communautaire est une initiative du MÉPACQ, du RQGE et du RQ-ACA, en collaboration avec la Planète s’invite au Parlement.

Le RQGE regroupe près de 90 groupes répartis dans l’ensemble des régions du Québec et constitue le seul représentant du secteur environnement au sein de l’action communautaire au Québec.

Le RQ-ACA est l’interlocuteur privilégié du gouvernement en matière d’action communautaire autonome (ACA), représente 57 regroupements et organismes nationaux, et rejoint au-delà de 4 000 organismes d’ACA luttant partout au Québec pour une plus grande justice sociale.

Le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (le MÉPACQ) est un regroupement provincial de 11 Tables régionales multisectorielles composées d’environ 300 groupes d’éducation populaire autonome. Par le moyen de l’éducation populaire, nous travaillons ensemble à la transformation sociale de manière à faire émerger la solidarité et la justice sociale dans notre société.

 

De quoi ont réellement besoin nos enfants de 4 ans?

Communiqué de presse.
Publication immédiate.

Face aux débats présentement en cours concernant le déploiement des classes de maternelle 4 ans à l’ensemble du Québec, nous souhaitons rappeler que la famille est le premier lieu d’éducation de l’enfant.

Francine Delisle, présidente de la Table régionale des organismes communautaires Famille de Lanaudière, et coordonnatrice de la Maison de la Famille La Parenthèse à Repentigny, l’affirme directement : « Lorsque l’on parle d’acteurs et de partenaires importants de l’éducation au Québec, les organismes communautaires Famille (OCF) en font partie, puisque les familles et leurs enfants, qui fréquentent nos milieux de vie, les fréquentent en très grande majorité dès la naissance des enfants….et pour certains, même avant. Au Québec, il existe plus de 250 OCF qui collectivement rejoignent plus de 130 000 familles, de tous les milieux et origines, et qui ont une expertise de plus de 50 ans en services éducatifs pour la petite enfance. »

Rappelons l’avis du Conseil supérieur de l’éducation, Mieux accueillir et éduquer les enfants d’âge préscolaire, qui rapportait que : « La recherche a maintes fois démontré que, si des services éducatifs de qualité peuvent favoriser le développement des jeunes enfants, c’est encore l’influence du milieu familial qui est la plus déterminante »[i] et que « les parents de milieux défavorisés qui sont sans emploi préfèrent parfois des services éducatifs informels que leur enfant peut fréquenter occasionnellement et qui offrent aussi des activités aux parents. »

Les OCF sont des milieux stimulants pour les apprentissages et ils soutiennent les parents dans leurs efforts pour cultiver le goût d’apprendre en famille. Ces acquis sont particulièrement significatifs pour les enfants qui ne vont pas en services de garde éducatifs.

Les résultats d’une étude-évaluative, réalisée par la Direction de santé publique de Lanaudière, portant sur Les effets sur les familles de leur fréquentation des organismes communautaires Famille de Lanaudière[ii], démontrent de nombreux effets positifs pour la préparation des enfants à l’école. Pour n’en nommer que quelques-uns :

– Les OCF sensibilisent les parents à l’éveil à la lecture chez les tout-petits;

– Des améliorations sont observées aux niveaux de la psychomotricité et du langage, chez des enfants qui ont commencé des exercices à la halte-garderie et les ont poursuivis à la maison;

– Les OCF contribuent au développement global des enfants, outillent les parents face aux difficultés que vivent leurs enfants ayant des besoins particuliers, les stimulent et les socialisent afin de les préparer pour l’entrée à la maternelle;

– L’enfant acquiert dans un OCF une confiance en « d’autres adultes » et en « d’autres milieux », autant qu’une grande confiance « sur des choses qu’il est capable de faire »;

– La majorité des enfants ayant fréquenté un OCF connaissent une meilleure intégration scolaire; ils ont acquis des « prérequis à la vie de groupe, à la vie de l’école » et ils éprouvent un bonheur de s’en aller à la maternelle.

Il est évident que les services de maternelle 4 ans ne seront pas suffisant si on ne s’assure pas aussi : que les parents de ces enfants soient valorisés pour ce qu’ils font déjà, qu’ils puissent être mieux soutenus pour cultiver le goût d’apprendre en famille et qu’ils puissent sentir qu’ils peuvent faire équipe avec l’enseignant de leur enfant.

Finalement, citons la déclaration du Sommet sur l’éducation à la petite enfance, qui affirme que « l’approche éducative destinée aux enfants de 0 à 5 ans doit demeurer une approche de développement global de l’enfant, de stimulation, d’éveil et de socialisation par le jeu qui favorise la réussite éducative et non une approche de scolarisation précoce »[iii]

 Ainsi, si l’objectif du gouvernement est « d’améliorer la réussite scolaire de nos enfants », ne devrait-il pas plutôt consolider les organismes et les institutions qui travaillent déjà à préparer les enfants à leur entrée à la maternelle et l’accompagnent tout au long de leur parcours scolaire ? Ne devrions-nous pas, collectivement, donner plus de ressources aux organismes communautaires Famille, aux écoles, au réseau des centres de la petite enfance, aux haltes-garderies communautaires ? Nos milieux  travaillent d’arrache-pied pour remplir leur mission, il serait temps qu’ils soient reconnus et mieux soutenus financièrement.

 

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Pour connaître l’OCF le plus près de chez vous dans Lanaudière, consultez le www.trocfl.org

 

 Source : Table régionale des organismes communautaires Famille de Lanaudière

Renseignements :

Francine Delisle, Présidente de la TROCFL 450-582-2677

Mélissa Leblanc, Chargée de projet TROCFL info@trocfl.org

 

[i]       Conseil supérieur de l’éducation. 2012. Mieux accueillir et éduquer les enfants d’âge préscolaire : une triple question d’accès, de qualité et de continuité des services.

[ii]      Poissant, Céline, et Caroline Richard. 2016. Les effets sur les familles de leur fréquentation des organismes communautaires Famille de Lanaudière. Service de surveillance, recherche et évaluation de la Direction de santé publique de Lanaudière.

[iii]     Sommet sur l’éducation à la petite enfance. Montréal, 5 mai 2017. La Déclaration pour la reconnaissance du droit de tous les enfants à des services éducatifs de qualité dès la naissance, adoptée à l’occasion du Sommet, a été élaborée par 31 organisations de la société civile.

Un bonbon électoral de 20 millions ?

JEUDI 11 OCTOBRE 2016,
TABLE RÉGIONALE DES ORGANISMES COMMUNAUTAIRES DE LANAUDIÈRE
Comment privatiser les services sociaux québécois avec les félicitations de la population?
C’est pourtant simple! Prendre une fondation privée avec un nom bien connu du public, comme par exemple la Fondation du Docteur Julien et lui offrir 20 millions de dollars sur 4 ans pour développer ses centres de pédiatrie sociale.

Voilà! Les applaudissements fusent de toutes parts!

Il suffit de lire quelques articles et surtout de contempler les tribunes libres pour constater toute l’admiration des citoyennes et des citoyens face à cet « engagement social » de la part du gouvernement québécois. Et par malheur, si quelqu’un ose remettre en question ce choix, il est rapidement classé dans la catégorie ‘petit québécois de gauche’! Nous ne pouvons le nier, cette cible gouvernementale est parfaite : un docteur dédié à une cause sociale, des enfants au cœur des actions, des approches basées sur des recherches scientifiques, la sympathie des médias et de la population. Comment faire mieux? Surtout en période d’austérité, oups! De rigueur budgétaire.
Comprenez-moi bien, loin de moi l’idée de faire le procès de la Fondation du Docteur Julien et de ses réalisations. Cette nouvelle n’est que la goutte qui fait déborder le vase pour démontrer à quel point le gouvernement peut si facilement déléguer ses responsabilités sociales à des fondations privées pour ensuite se targuer d’agir au niveau de la pauvreté, de la prévention, de la réussite éducative ou encore de la santé des citoyennes et des citoyens.
Avons-nous déjà oublié les partenariats entre le gouvernement et la Fondation Lucie et André Chagnon?
Bien que plusieurs de ces ententes se concluent, les tentacules de cette fondation sont si longues qu’elles s’immiscent déjà dans plusieurs réflexions sur le développement social, et ce, partout au Québec.
Gardons en tête que la sortie prochaine du nouveau plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ne sera sans doute pas ignoré par les fondations. Voulons-nous que des fondations privées en soient les maîtres d’œuvre? Que la pauvreté soit gérée comme une entreprise en ciblant des zones précises au détriment de d’autres, en visant des approches qui excluent toute l’expertise développée par des milliers d’organismes communautaires autonomes québécois, c’est-à-dire en ayant des cibles à atteindre qui permettent d’identifier les bons ou les mauvais pauvres?
Je ne sais pas pour vous, mais moi quand je paie mes impôts, je suis prête à les assumer sans me plaindre, si les choix de société que nous avons faits sont respectés. Je pense entre autres aux principes d’accessibilité et d’universalité. Je pense au filet social dont nous avons voulu nous doter et que nous devons protéger en tant que société québécoise. Ces choix sociaux sont basés sur notre démocratie et surtout une démocratie citoyenne. Dans les dernières années nous avons vu filer un bon nombre de structures démocratiques.

Et maintenant, je vois mon argent, l’argent des contribuables, nous filer entre les mains pour aboutir dans celles de fondations privées où quelques hautes têtes dirigeantes vont dicter leurs orientations ciblées, à mille lieux des principes d’universalité, d’égalité ou d’équité.

En prime, j’entendrai le gouvernement prendre le mérite pour ces partenariats publics-privés qui privatisent notre filet social et qui le dégage de ses responsabilités.
Savez-vous qu’au Québec il y a plus de 4000 espaces démocratiques qui appartiennent à la population?
Ces espaces, ce sont nos 4000 organismes communautaires autonomes qui rejoignent et aident plus de 2 millions de québécoises et de québécois sur une base annuelle. Eux, ils sont au cœur même de leur communauté et sont les mieux placés pour voir et comprendre l’évolution des besoins. Eux, ils ont bâti leur expertise, ils ont développé des liens de confiance avec les citoyennes et les citoyens mais aussi avec une multitude de collaborateurs et partenaires et ce, depuis des décennies. Au quotidien, ils permettent aux individus de reprendre du pouvoir sur leur vie, de comprendre leurs droits, de les défendre, de prendre leur place dans la société.
Il faudrait m’expliquer alors pourquoi le gouvernement est prêt à sortir de l’argent des coffres de l’état pour financer des fondations privées qui visent les mêmes personnes rejointes par ces 4000 organismes plutôt que d’octroyer un financement adéquat à ces organismes pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle de transformation sociale.
Au lieu de ça, on utilisera les organismes communautaires autonomes pour créer des projets à court terme afin d’atteindre les cibles des Chagnon, Julien et autres grands noms de cet univers restreint du philanthro-capitalisme ! Ah oui j’oubliais : dans deux ans nous aurons des élections provinciales, est-ce que les québécoises et les québécois se souviendront de la gestion inefficiente des fonds publics par M. Couillard ou de ces bonbons distribués à la volée?
Lettre d’opinion – Éditorial du Concerto.
Article publié dans le Concerto volume 22, numéro 1, Maya Fernet, Agente de liaison, TROCL

Centres de pédiatrie sociale : 20 millions $ Organismes communautaires Famille : 0

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Publication immédiate

 

Montréal, le 12 octobre 2016 – Le 4 octobre dernier, le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, réitérait l’octroi de 20 millions $ à la Fondation du Dr Julien, pour le financement des centres de pédiatrie sociale. À terme, ce sont 5 millions $ par année qui seront versés d’ici 2020 pour financer la quarantaine de centres déjà existants un peu partout dans la province et en implanter de nouveaux.  Or, la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées, le Regroupement des organismes communautaires Famille de Montréal et la Table régionale des organismes communautaires Famille de Lanaudière du Québec déplorent qu’on fasse encore une fois le choix d’investir dans le développement de nouvelles ressources plutôt que de soutenir les organismes communautaires Famille qui font déjà un immense travail sur le terrain.

 

C’est donc avec colère que de nombreux groupes Famille bien implantés dans leur communauté ont accueilli cette annonce. Le Québec compte déjà un réseau d’organismes communautaires Famille riche d’une solide expérience terrain et qui, depuis plus de 30 ans, a fait ses preuves.  Avec une moyenne de financement annuel de 65 000 $, ces organismes communautaires doivent répondre aux besoins de plus en plus complexes des familles qui les fréquentent. À ce titre, ils auraient eu grandement besoin des sommes octroyées aujourd’hui aux centres de pédiatrie sociale qui viennent dédoubler le travail qui se fait déjà auprès de ces familles. Le choix alors d’investir dans de nouvelles structures, et par le fait même dans une fondation privée, paraît plus que discutable.

 

Comme le mentionnait le ministre Proulx, grâce à l’implantation des nouvelles centres de pédiatrie sociale, on compte atteindre plus de 20 000 enfants « en situation de grande vulnérabilité » afin de leur offrir « un meilleur départ dans la vie ». Or, n’est-il pas paradoxal que  ce même gouvernement continue de multiplier des mesures d’austérités qui, de l’avis même de la Protectrice du citoyen, nuisent en premier lieu aux plus vulnérables ?

 

Tant qu’on acceptera que des milliers de familles québécoises ne bénéficient pas de revenus suffisants pour couvrir leurs besoins de base, une partie des enfants continueront à être laissés pour compte. On aura beau multiplier les interventions auprès des enfants dits « vulnérables », si on ne questionne pas les inégalités sociales et les causes systémiques qui en sont à l’origine, on aura rien réglé ! Lutter contre la pauvreté des familles et des organismes communautaires qui les accueillent est une avenue désormais incontournable !

 

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Signataires :

Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec

Regroupement des organismes communautaires Famille de Montréal

Table régionale des organismes communautaires Famille de Lanaudière

 

SOURCE : Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec

Renseignements : Sylvie Lévesque, directrice générale de la FAFMRQ, cel. (514) 710-6661