Les actualités en provenance de la TROCFL, de ses membres et de ses partenaires.

Les Organismes communautaires Famille, une richesse à découvrir, mais sous-financé!

Pour la semaine québécoise des familles, la TROCFL a fait imprimer 500 macarons et les a distribués aux OCFL, lors du rassemblement régional. Dans le contexte des fondations et de l’éternelle non-indexation et non rehaussement de notre financement à la mission, il est crucial d’informer et d’éduquer la population, non seulement sur l’expertise des OCFL, mais aussi sur la grande réalité des OCFL: leur sous-financement. Bien souvent, même les familles qui fréquentent les OCFL ne sont pas au courant de cette situation. Les OCFL étaient invités à le donner à leur c.a., aux travailleurs-euses de leur organisme ainsi qu’à leurs membres afin de le porter fièrement durant la semaine et après.

EN 2011, MA FAMILLE A BESOIN…

mob-150Lors de la Mobilisation régionale du 29 mai dernier, organisée par la Table Régionale des Organismes Communautaires Famille de Lanaudière, plus de 600 personnes se sont réunies, de ce nombre, plus de 140 familles ont exprimé leurs besoins et leurs préoccupations. Voici la synthèse des besoins et préoccupations des parents et des travailleurs-travailleuses des organismes communautaires Famille.

Au niveau du système de santé, 56% des personnes aimeraient voir des améliorations du système de santé. Elles souhaitent avoir accès à plus de cliniques médicales et d’urgence, plus de médecins de famille et de pédiatre, plus d’équipes multidisciplinaires (ergothérapeute, travailleur-se-s sociaux, orthophonistes). Les familles qui ont des enfants qui ont des besoins particuliers apprécieraient avoir de services et plus rapidement. Elles veulent que les temps d’attente tant pour les services hospitaliers que pour les autres services soient réduits. Elles souhaitent davantage de maison de naissance, et que les soins soient réellement gratuits. Le coût des stationnements des hôpitaux leur semble démesuré. Bref, une accessibilité et une gratuité réelle aux soins de santé.

75% des personnes veulent voir une amélioration dans leurs conditions de vie, elles suggèrent des augmentations de crédits, des baisses d’impôts, des contrôles des profits et non simplement des dépenses. Elles suggèrent le contrôle du prix de l’électricité, du gaz, des aliments essentiels au maintien de la santé. Voici ce que l’un des parents a souligné : « Je suis tannée de payer des impôts sans avoir le droit d’avoir des services à cause de mon revenu. Même des revenus plus élevés ne sont pas toujours suffisants pour une jeune famille » D’autres désirent pouvoir se loger convenablement à des prix abordables. Les familles veulent un partage économique plus équitable, elles veulent avoir accès à des salaires qui leur permettent de subvenir à leurs besoins, elles veulent le gel des hausses de tarifs.

Plusieurs parents ont exprimé le besoin d’un plus grand soutien aux familles. Soutien pour les parents qui demeurent à la maison, soutien accru pour les parents monoparentaux. Plus de services de répit et bien sûr plus de garderie à 7$. Plusieurs parents se sentent isolés et aimeraient obtenir plus de soutien dans leur apprentissage à devenir parents. En ce sens, plusieurs familles ont mentionné l’urgence de financer adéquatement les Organismes communautaires Famille qui les soutiennent afin que ces derniers puissent offrir plus de services, plus d’ateliers d’échanges et ce tout au long de l’année. Voici ce qu’une mère disait : les OCF m’ont permis de briser mon isolement et mes enfants ont pu être diagnostiqués plus tôt, les maisons de la Famille m’ont aidé à rester la tête hors de l’eau. Beaucoup de travailleuses d’organismes ont mentionné qu’elles ont aussi le droit d’avoir « une qualité de vie « pour leur propre famille et des emplois stables à temps plein.

Beaucoup de parents souhaitent aussi des mesures qui favorisent la conciliation famille-travail par des congés de maternité et paternité et de maladies plus longs, d’autres ont souligné l’importance de soutenir les parents qui sont travailleur-se-s autonomes. D’autres encore aimeraient que le système d’éducation soit mieux adapté à la vie actuelle, que les personnes ressources pouvant aider les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage soient en nombre suffisant pour que les délais ne soient pas excessifs, que les activités parascolaires et sportives soient offertes en plus grand nombre et gratuitement. Ils-elles demandent une accessibilité réelle à l’éducation et enfin que les livres soient moins dispendieux.

Enfin, plusieurs personnes souhaitent une reconnaissance réelle de la famille dans une politique familiale globale qui tienne compte de tous les aspects de la vie de famille et qui soit élaborée avec tous les ministères concernées : travail, éducation, loisirs…

En 2011, les OCFL et la TROCFL ont besoin de FINANCEMENT

mob-150Les organismes communautaires famille subissent, depuis plusieurs années, les contrecoups des nombreuses restrictions budgétaires dont le Ministère de la Famille et des Aînés a fait l’objet. Une très grande partie des ressources financières et humaines du MFA étant consacrée au programme des services de garde, les organismes communautaires famille sont laissés pour compte tant sur le plan administratif qu’en ce qui concerne le financement.

Des actions doivent être entreprises rapidement afin de mettre un terme à cette difficulté. Le financement de la mission des OCF est déjà très bas, comparativement aux autres secteurs de l’action communautaire ayant des missions comparables, tels les maisons de jeunes et centres de femmes.

L’écart dans les subventions attribuées aux OCFL est encore très éloquent, de sorte qu’un OCFL peut recevoir 53,700$ comme financement à la mission alors qu’un autre en aura 96,160$. Les montants accordés aux OCFL pour la halte-répit sont peu significatifs si l’on considère le nombre d’heures offertes pour ce service aux familles. Cela n’est pas sans conséquences pour les travailleuses de ces organismes qui travaillent à des taux horaires variant, si l’on considère le temps de préparation, entre 8.60$ et 16$ de l’heure.

Faut-il rappeler que ce sont les femmes qui occupent majoritairement ces emplois et que cette situation fait persister la non-équité salariale entre les hommes et les femmes, les maintenant dans un état de pauvreté perpétuel.

Plusieurs OCFL ne peuvent offrir de poste à temps plein à leurs travailleuses, ils doivent régulièrement prévoir des périodes de fermetures durant l’été ou pendant les vacances de Noël. De plus, ils doivent recourir constamment à leur marge de crédit, pour ceux qui en ont une. Tout comme les familles, les OCFL prennent une grande proportion de leur subvention variant entre 15% et 36% pour payer leur loyer ou leur hypothèque. Cela n’est pas sans conséquences sur leur mission et sur les services et activités qu’ils offrent.

Des coupures sont régulièrement effectuées dans les heures des travailleuses, dans les frais de déplacements, dans les formations offertes, dans les concertations, dans les achats de matériels (jeux à renouveler, banc d’autos, chaises hautes, etc…).

Des services et activités doivent être coupés, ce qui réduit l’accessibilité pour les familles. Des parties de territoire ne sont plus desservies, le roulement du personnel est fréquent faute de compétition dans les conditions de travail offertes, l’épuisement et l’éternel recommencement du personnel restant crée de l’incertitude et de la frustration tant chez les employé-e-s que chez les familles qui les fréquentent.

Le recours chroniques aux subventions salariales par les OCFL contribue aussi à maintenir l’état de précarité des ressources humaines. Les partenaires institutionnels et communautaires déplorent le manque de participation aux nombreuses tables de concertation et la visibilité des OCFL en souffrent grandement.

Comme vous le savez, la Table Régionale des Organismes Communautaires Famille de Lanaudière est le regroupement dont s’est doté les 15 organismes communautaires Famille, qui sont répartis à travers les 6 MRC de la région de Lanaudière. Ce regroupement a différents mandats, dont celui de faire connaître les besoins des familles et des organismes qui les soutiennent. Toutefois, rappelons-nous que depuis le transfert des OCF au MFA en 2004, la TROCFL a perdu toute reconnaissance et financement, ce qui rend l’actualisation de sa mission limitée et des plus laborieuses. Pourtant, par la mobilisation des familles qui les fréquentent et des personnes qui y oeuvrent, les organismes Famille constituent un mouvement social incontournable pour revendiquer des politiques et mesures qui les soutiennent dans leur quotidien.

Nous demandons aux Ministères de la Famille et des Finances un rehaussement d’urgence du financement à la mission dès le prochain budget 2012-2013.

  • Qu’ils accordent la priorité à la consolidation des OCF existants.
  • Qu’ils tiennent compte du principe d’équité entre les OCF et les autres secteurs de l’action communautaire autonomes : à ressources comparables, financement comparable.
  • Qu’ils prévoient une indexation annuelle de l’enveloppe budgétaire.
  • Qu’ils reconnaissent et financent le regroupement régional qu’est la TROCFL à raison de 80,000$ par année.